Source:
Le Figaro
(FR)Pensez à
acheter des masques. Envisagez comment vous pourriez développer le
télétravail pour éviter des contaminations. Publiée le 3 juillet, la
circulaire du ministère du Travail sur la grippe A est une sorte de
boîte à outils pour aider les entreprises à se préparer face à cette
épidémie annoncée pour l'automne. Les grands groupes, eux, ont été
alertés plus tôt. Début mai, 80 DRH des plus grosses entreprises
françaises ont eu droit à une réunion sur le sujet au ministère du
Travail.
La menace est bien réelle. Pour l'instant, le
virus H1N1 n'a touché que 200 personnes à peu près dans l'Hexagone.
Mais, selon les experts, à l'automne, l'épidémie pourrait concerner
entre 25 et 50 % de la population française. Avec à la clé 40 000
morts pour vingt millions de personnes malades. De quoi désorganiser
l'économie nationale.
Pour éviter la catastrophe, beaucoup de
groupes ont planché sur des plans de continuation d'activité. Axa,
par exemple, est prêt, si besoin, à réduire les déplacements de ses
cadres. L'assureur vient d'équiper ses cinquante filiales d'un
système de téléconférence beaucoup plus sophistiqué que le
précédent. Carrefour, de son côté, a mis en place des cellules de
crise sur la grippe A dans toutes ses filiales. Elles sont
coordonnées par une cellule de même nature au siège. En fait, ces
groupes n'ont pas eu le choix. Les pouvoirs publics ont imposé aux
grandes entreprises des secteurs vitaux (transport, énergie,
banque-assurance et distribution) de bâtir un plan de continuation
d'activité. Généralement, elles ne partaient pas de zéro. «Nous
avions déjà réfléchi au problème lors de la grippe aviaire fin
2005», explique-t-on chez BNP Paribas. D'autres qui ont une filiale
au Mexique ont pu tester leur modèle dans ce pays où est apparu le
virus. «Là-bas, nous avons distribué 5 000 masques à nos
collaborateurs et 45 000 à nos clients», explique-t-on chez Axa.
Mais toutes les entreprises ne sont pas aussi
bien préparées. «Nous n'avons pas de plan antigrippe et rien n'est
prévu chez nous en ce qui concerne l'achat de masques», reconnaît-on
chez le spécialiste des câbles Nexans, qui compte pourtant 23 500
salariés répartis dans 39 pays dans le monde. Plus grave, dans les
PME, le message des pouvoirs publics n'est pas passé. «Je n'ai rien
fait pour préparer l'épidémie de grippe A. Je n'ai reçu aucune
information à ce sujet», souligne Éric Renard, patron du Petit
Olivier, une société d'hygiène-beauté qui compte 25 personnes.
Heureusement qu'il reste au moins un mois et demi avant l'arrivée de
l'épidémie pour sensibiliser les entreprises sur les dangers de la
grippe A pour leur activité.